Résidence et lecture publique

Je me suis installé pour trois semaines de résidence à la Ligne 21 de Plogonnec, dans le Finistère, pour me concentrer sur l’écriture d’un roman en cours. J’avais déjà séjourné ici en 2019 pour effectuer les recherches, rencontres et entretiens préalables nécessaires à la mise en œuvre de ce texte, dont l’intrigue se passe précisément à l’extrême pointe de cette Bretagne cornouaillaise.

Comme il est de coutume, et les conditions sanitaires permettant de l’effectuer de manière satisfaisante, je ferai en sortie de résidence une lecture publique d’extraits de ce roman en cours d’écriture le Vendredi 28 mai, à 18h30, à la Ligne 21.

L’accueil en nombre limité se fera uniquement sur réservation, auprès de corinnebourgeau@gmail.com, les horaires sont calculés pour que tout le monde puisse se retrouver chez soi avant le couvre-feu.

J’espère vous y rencontrer.

Ligne 21 – Lieu-dit Lesmel – 29180 Plogonnec

Station : Vavilov ! Enjeux et méthode

Une version adaptée en distanciel, pour cause de Covid-19, de la performance Station : Vavilov !, a été diffusée pour la première fois, en direct, le 30 janvier 2021, lors du festival À l’École de l’Anthropocène, organisé par l’EUL, École Urbaine de Lyon.

Enjeux et méthode

Depuis 2014, le CRBA, Centre de Ressources de Botanique Appliquée, installé dans la Métropole lyonnaise, travaille avec l’Institut de ressources génétiques végétales Vavilov de Saint Pétersbourg, la 4ème banque de semences végétales au monde par sa taille, et la plus ancienne en terme d’âge, sur la création d’une station d’expérimentation botanique. Objectif : face aux modifications provoquées par le bouleversement climatique, retrouver, réintroduire et réacclimater des variétés végétales anciennes,  récoltées au début du XXe siècle, entre autre dans la région lyonnaise, pour qu’elles puissent être la base de notre agriculture locale de demain. Régulièrement, des botanistes, généticiens, agronomes, mais aussi des jardiniers, des maraichers ou des cuisiniers français et russes se rencontrent, avec pour objectif de revitaliser, expérimenter et remettre en activité une mémoire végétale constituée depuis un siècle. Notre sécurité alimentaire et agricole est sérieusement bousculée par le bouleversement climatique en cours et ces espèces végétales oubliées d’hier sont une des solutions pour pouvoir y remédier.

J’ai été invité à suivre ce projet en tant que poète, au sein d’une équipe de création éthno-artistique comprenant également un anthropologue, un plasticien-vidéaste et un musicien. Ensemble, il s’est agi pour nous de croiser les disciplines, de réfléchir au contact des scientifiques, de créer, et si possible de créer autrement, en nous laissant imprégner des méthodes artistiques et scientifiques que nous côtoyions. Car l’enjeu n’était pas ici d’effectuer un simple travail d’observateur et de témoignage du travail scientifique en cours, un peu documentaire, un peu teinté de poésie… Mais bien, face à des enjeux gigantesques que ne saura résoudre à elle seule aucune discipline, aussi puissante et maîtrisée soit-elle, de se regarder travailler l’un l’autre, de comprendre des systèmes de pensées et des méthodes qui nous sont inconnues, de les comparer, de les tester chacun sur notre propre domaine d’action ou de création, et véritablement d’ouvrir les champs de réflexions les plus larges possibles.

Le travail d’hybridation des phytogénéticiens de l’Institut Vavilov consiste à croiser, manuellement et naturellement, différentes variétés de plantes anciennes pour en obtenir une troisième, stable et moderne, incluant des caractéristiques des deux premières. Cette nouvelle variété sera mise en circulation comme le seront à nouveau les variétés anciennes dont elle est issue.

Adoptant cette méthode, je me suis appliqué à hybrider des textes d’ethno-botanique du XXe et XXIe siècle avec des formes anciennes, oubliées ou peu connues de poésie à forme fixe, le monostiche, le sonnet, la ballade, le pantoun, pour “remettre en circulation” des formes modernisées de ces “anciennes variétés” poétiques.

C’est ainsi que j’ai appliqué de manière systématique la règle du monostiche classique, telle que définie par le poète Emmanuel Lochac, à la lecture/réécriture de l’ouvrage fondateur de l’ethnobotanique, L’Homme et les plantes cultivées, d’André G. Haudricourt et Louis Hédin (Gallimard 1943). Un pantoun a été construit sur la base du carnet de recherche Herbier de terrain, de l’anthropologue Olivier Givre. Une série de cinq sonnets est tiré des cinq premiers chapitres du livre Aux sources de notre nourriture, de Gary Paul Nabhan (Nevicata 2010), qui a voyagé sur les pas de Nikolaï Vavilov presque un siècle après celui-ci. Et une ballade, en vers de douze pieds, a été construite à partir du livre Fleurs, fruits, légumes. L’épopée lyonnaise, de Stéphane Crozat, directeur du CRBA (Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire 2010).

L’hybridation étant naturelle, aucun intrant chimique ni personnel n’a été toléré et chaque texte a été uniquement construit à partir de mots prélevés inchangés dans les pages des éditions d’origine.

STATION : VAVILOV ! – Performance

Écrivain et poète : Jean-Baptiste CABAUD
Compositeur, musicien : David CHAMPEY
Plasticien : Vincent DELPEUX
Anthropologue : Olivier GIVRE
Régisseur : Loïc CORLIER
Responsable de production : Sabrina NOVAK

UN MERCI PARTICULIER pour leur participation généreuse et enregistrée à Voix russe : Bénédicte BRACONNAY / Voix hébraïque : Marie-Pierre GIBERT / Voix rwandaise : Domitille MUKANKUBANA / Voix bulgare : Meglena ZLATKOVA

Projet soutenu par L’École Urbaine de Lyon, Universités de Lyon, la DRAC et la Région AURA, dans le cadre de l’appel à projets “Mémoires des XXe et XXIe siècles État/Région”, et la Villa Gillet, dans le cadre de la résidence de création.

À l’École de l’Anthropocène : La Proximitée Perturbée

Ma nouvelle FAUT-IL RÉVEILLER LES ENDORMIS ? a été écrite en septembre 2020 dans le cadre du dispositif multidisciplinaire de réflexion autour de la question du Corps Réparé / Corps Modifié que nous avons mis en place avec Raphaële Andrault, philosophe et historienne des sciences (CNRS), Philippe Liotard, anthropologue (Université Claude Bernard Lyon 1) et Christophe Marquette, biochimiste (CNRS), avec l’accompagnement de Vanessa Cusimano (CNRS). Les parties relatives aux techniques de reconstruction cutanée de cette nouvelle ont été discutées et élaborées en concertation active avec Christophe Marquette.

Ce texte servira de base de réflexion à Christophe Marquette et Raphaële Andrault pour questionner l’avenir des corps et des technologies régénérative, et je serai avec eux pour cette discussion en direct, animée par Philippe Liotard

Jeudi 28 Janvier à 21h15

Diffusion en direct sur le site ecoleanthropocene.universite-lyon.fr, sur Facebook et sur Youtube. Plus de renseignements à propos de cette soirée sur le site du festival en cliquant ici.

ÉCOUTEZ EN AUDIO l’intégralité de la nouvelle, avant la rencontre, en cliquant sur le lien ci-dessous :

À l’École de l’Anthropocène : Station Vavilov

Depuis 2014, le CRBA, Centre de Ressources de Botanique Appliquée, installé dans la Métropole lyonnaise, travaille avec l’Institut de ressources génétiques végétales Vavilov de Saint Pétersbourg, la 4ème banque de semences végétales au monde, et la plus ancienne, sur la création d’une station d’expérimentation botanique. L’objectif : retrouver et réintroduire des variétés végétales récoltées au début du 20ème siècle, notamment dans la région lyonnaise.

Régulièrement, des botanistes, généticiens, agronomes, mais aussi des jardiniers ou des maraichers français et russes se rencontrent pour bâtir ce projet. À chaque voyage, humains et semences circulent et se rencontrent, échangent et s’échangent. En septembre 2020, la station Vavilov de Lyon est sortie de terre, avec pour objectif de revitaliser, expérimenter et remettre en activité une mémoire végétale constituée depuis un siècle.

Une équipe scientifique et artistique, montée par Sabrina Novak pour accompagner cette collaboration scientifique – et dont je fais partie avec David Champey, musique, Vincent Delpeux, vidéo et Olivier Givre, anthropologie – apporte son regard singulier sur ce projet. C’est ainsi que ces mémoires et circulations végétales sont retracées au fil d’un « journal de terrain » à la fois descriptif et sensible, poétique et ethnographique, visuel et sonore. Une chronique composée d’histoires humaines et végétales entrelacées, qui donne autant de place aux personnes qu’aux imaginaires, aux semences qu’aux idées.

Après avoir joué en 2020 le PROLOGUE, écrit de retour d’une résidence de recherche à l’Institut Vavilov de Saint Petersbourg, nous jouerons, en version distancielle adaptée, la nouvelle performance STATION : VAVILOV !

SAMEDI 30 JANVIER
à 21h
 
Diffusion en direct sur le site ecoleanthropocene.universite-lyon.fr, sur Facebook et sur Youtube. Plus de renseignements à propos de cette soirée sur le site du festival en cliquant ici

Une Étrange Famille Humaine

Poésie et Handicap. Le livre Une Étrange Famille Humaine vient de paraître. Il vient clore et rendre compte de trois années de résidence artistique initiées par la compagnie Les ArTpenteurs auprès des résidents handicapés du Service d’Accueil de Jour Odynéo d’Écully/La Duchère, près de Lyon. Écriture, photographie, arts plastiques, lecture, toujours avec la poésie comme ligne de conduite, de nombreux ateliers et rencontres ont été menés avec ces personnes.

J’ai pour ma part passé du temps régulier sur ces trois années, plusieurs semaines, à rencontrer ce beau petit peuple du S.A.J., à apprendre et à comprendre. J’ai partagé les activités et les repas, pris part aux journées des personnes, à leur quotidien. Nous avons noué des liens, de fraternité et de compréhension, d’amitié parfois. Je me suis entretenu avec chacun, ceux qui parlent et ceux qui ne parlent pas, nous avons discuté de tout, de rien, de la vie, de leur condition et de leur vision du handicap. J’en ai tiré une série de poèmes, reproduits dans le livre aux côté des œuvres poétiques et graphiques que tous ont réalisé en atelier avec les différents intervenants de cette résidence.

 

Elle dit
Qu’un an de coma c’est un enfer
De temps et de douleur
Elle dit
Que ce qui l’a sauvée
Elle
C’est l’appendicite

L’appendicite pendant le coma
Elle dit
Une chance
Parce que c’est ça qui l’a réveillée
Sortie du coma
L’opération

Elle dit
Quarante ans après
Qu’elle ne peut pas vraiment dire
Que c’est un mal
D’avoir eu l’accident
Elle dit
Qu’elle a survécu à l’enfer
Et que c’est bien

 

Une étrange famille humaines
éditions La passe du vent, novembre 2020.
112 pages, 20 x 21 cm
12€

Patrice Vandamme : direction artistique
Brigitte Baumié :
ateliers d’écriture poétique
Jean-Baptiste Cabaud :
poèmes
Élisabeth Granjon : ateliers d’écriture poétique
Bernard Gros :
dessins
Annie Lebard :
ateliers poèmes-affiches et arts plastiques
Laurence Loutre-Barbier :
photographies et textes

Annulation

Pour les raisons coronavirales que l’on sait, la résidence d’écriture à la villa Marguerite Yourcenar de ce mois de novembre, ainsi que l’exposition de mes dessins qui devait y avoir lieu, sont malheureusement annulées. Les rencontres publiques et scolaires qui devaient se tenir en lien avec cette résidence à Saint-Jans-Capell, Bailleul, Aubigny et Lens le sont également. Un report est peut-être envisagé. Je vous tiendrai au courant, le cas échéant.

Courage à tout le monde, pour ce nouveau confinement.

Poezz e-chroniK

Baptiste Caruana m’a invité sur Radio Canut, pour son émission Poezz e-chronik. Le principe : des textes de poésie contemporaine lus en direct par dessus les musiques électro de Trévor Rêveur. Merci à eux deux pour cette belle expérience.

Vous pouvez écouter le podcast de cette émission ici.

Vous pouvez écouter Poezz e-chroniK sur radio Canut, 102.2 fm à Lyon ou sur internet tous les vendredis entre 12h et 13h.

Exposition d’automne

Ma série de dessins “Les Hypothèses astronomiques de Louis-Auguste Blanqui” a été réalisée en résidence à l’Institut français de Vilnius en 2014 et exposée plusieurs fois en Lituanie depuis. Elle n’avait cependant encore jamais été montrée en France. Ce sera chose faite prochainement puisque l’ensemble, textes manuscrits et dessins mélangés, sera exposé du 2 au 29 novembre à la Villa départementale Marguerite Yourcenar, à Saint-Jans-Cappel (59).

Cette série de dessins, encre de Chine, rotring et étiqueteuse à ruban sur calque et papier offset, est basée sur le texte de haute poésie “L’Éternité par les astres” (1872), d’Auguste Blanqui. Le célèbre révolutionnaire s’attelle ici à expliquer le fonctionnement global de l’univers et en profite au passage pour énoncer une étonnante théorie de l’immortalité de l’homme, expliquée non plus par la religion, mais par les plus simples lois de la physique.

Nous pourrons nous retrouver pour une rencontre-lecture lors du vernissage de l’exposition, le vendredi 6 novembre à 19h.

Infos et réservations :

Villa Marguerite Yourcenar
2266, route du Parc – 59270 Saint-Jans-Cappel
Tél. : 03 59 73 48 90
Mail : villayourcenar@lenord.fr
Site Internet : lenord.fr/villayourcenar

Résidence à la Villa Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar a grandi dans cette maison de Saint-Jans-Cappel, dans le département du Nord, sur la frontière belge. Le lieu accueille maintenant des écrivains en résidence d’écriture et j’y séjournerai du 2 au 29 novembre. Ce sera également l’occasion pour moi d’exposer pour la première fois en France ma série de dessins “Les Hypothèses astronomiques de Louis-Auguste Blanqui”.

Quelques rencontres publiques sont néanmoins prévues durant cette période d’isolement créatif. Nous pourrons nous rejoindre à la villa :

• le vendredi 6 novembre à 19 h, pour le vernissage de l’exposition, avec  une rencontre-lecture autour de mes textes et du livre de Blanqui “L’Éternité par les astres” ayant servi de base à ce travail graphique.

• le dimanche 22 novembre à 16 h, pour une rencontre en compagnie d’Eduardo Berti et d’Anne-Sophie Subilia, avec qui je partagerai ce mois de résidence.

Je rencontrerai également, lors de ce séjour, des élèves du collège Jean Monnet, d’Aubigny en Artois, ainsi que du lycée Auguste Béhal, de Lens.

Corps réparé, corps modifié

Quel corps voulons-nous pour demain ?

Entre réparation et génération, les avancées scientifiques laissent présager des applications médicales impressionnantes dans un futur plus ou moins proche. Quel corps voudrons-nous demain ? Quelles transformations serons-nous prêts à accepter pour être en meilleure santé ? Aurons-nous envie de nous transformer pour le plaisir ? ou autrement dit, ces transformations relèveront-elles du strict domaine médical et et de la thérapie, ou bien intègreront-elles l’envie personnelle et le choix individuel ?

Pour tenter d’approcher ces questions en croisant nos pratiques respectives, Raphaële Andrault, philosophe et historienne des sciences (C.N.R.S.), Philippe Liotard, anthropologue (Université Claude Bernard Lyon 1), Christophe Marquette, biochimiste (C.N.R.S.) et moi-même par le biais de la littérature et de la poésie, mettons en place un cycle de rencontres et d’échanges avec des publics larges et de tous les horizons pour interroger, comprendre, débattre, recueillir et tenter une ouverture maximale sur un champs de réflexion qui se veut à grande échelle.

Deux rencontres sont d’ores et déjà prévues :

  • Le 3 septembre prochain, à la prison de Villefranche sur Saône, nous rencontrerons un groupe de détenus pour discuter avec eux de ces questions.

  • Le 3 octobre, une discussion publique aura lieu à l’amphithéâtre du CNRS (Villeurbanne) dans le cadre de la Semaine de la Science 2020. Elle aura lieu de 17h à 18h30 et l’entrée sera gratuite.